Vous mettre les mots à la bouche
Il n'existe pas de formule magique pour trouver un concept de communication ! Heureusement, le rôle d'un concepteur-rédacteur ne se cantonne pas à sortir les mots justes de son chapeau en réunion. C'est aussi un accoucheur d'idées qui vous aide par un jeu de questions-réponses à formuler le projet que vous portez en vous, un déclencheur de créativité qui sert à trouver les mots que vous avez sur le bout de la langue.

Cinquième d'une série d'interviews sur les freelances de la communication, le Web et l'emploi, publiée en juin 2009 sur le site glamfree.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis un concepteur-rédacteur freelance “échappé” d'un grand groupe de communication après 10 ans de bons et loyaux services. En 2001, nous avons créé notre team sautcreatif.com avec ma compagne directrice artistique Italienne. Aujourd’hui, nous sommes installés dans les deux pays, à Lyon et à Rome.
Vos activités ?
À la base, nous sommes des créatifs et notre métier est de trouver des idées publicitaires, c’est-à-dire le fameux couple mots/visuel qui donne vie au concept de communication et peut se décliner sur tous les supports : affiches, annonces presses, dépliants, catalogues, mailings, radios, TV, sites web, blogs, animations flash, clips vidéo…
Vous êtes vous-même indépendant, pourquoi avez-vous choisi ce statut ?
“Small is beautifull” disait une célébre campagne pour la Coccinelle de VolksWagen. A l’ère de la globalisation, je pense que la formule vaut spécialement pour les métiers de la création. C’est une alternative d’autant plus vraie aujourd’hui que les bonnes agences indépendantes finissent toujours par tomber dans les mailles des grands groupes de communication… et devenir moins créatives. A moins d’avoir un plan de carrière et le goût du pouvoir, un créatif intégré peut vite se sentir perdu dans une agence. Comment échapper à la spirale de la productivité quand son agence doit reverser 15 ou 20 % à la fin de l’année à ses actionnaires, sinon elle est obligée de virer du personnel pour atteindre ses objectifs ? Il finit forcément par survoler les sujets, répéter les mêmes recettes pour travailler vite et tomber toujours plus de créas. Devenir freelance, c’est se “limiter” volontairement à un travail d’artisan au sens le plus noble du terme, privilégier la relation directe avec ses propres clients, faire du conseil et du sur mesure sans avoir la pression de 10 étages de bureau au-dessus de la tête. Enfin, autre avantage qui n’est pas le moindre, la partie administrative est simplifiée à l’extrême : pas de fiches de salaires, juste la tenue d’un livre comptable. Bien sûr, il faut quand même le remplir de temps en temps, penser à payer les factures… et naturellement trouver des clients !
Que pensez-vous être le rôle de l'internet pour l'industrie de la communication en 2009 ?
Un formidable booster pour notre activité ! D’une part, c’est un “moteur à réaction” indispensable pour les marques en quête de nouveaux modèles relationnels avec leurs publics. Elles ne peuvent plus se contenter d’être présentes parce que tout le monde y est, mais parce qu’elles doivent aussi inventer de nouveaux rapports avec leurs clients. Dautre part, c’est un “moteur de recherche” incontournable pour les consommateurs avides d’information et d’arbitrage. Sur le web, l'internaute est à la fois actif et volatil, à la recherche de facilité et d’interactivité, de liberté et de sécurité… Dans le lien à créer entre les marques et les consommateurs, les idées créatives jouent le rôle d’étincelle. De nouvelles formes de communication sont à inventer, moins unidirectionnelles, plus participatives. Ce n’est pas à l’homme de se plier à l’usage d’internet mais bien le contraire. Et dans ce domaine, tout reste à faire. Pour les freelances qui travaillent souvent à distance et ont une bonne pratique d’internet, c’est une aubaine ! La plupart des technologies et des langages de programmation existent depuis des années. C’est leur combinaison et le “mashup” des applications qui ouvrent de nouvelles perspectives conceptuelles. L’enjeu n’est pas seulement l’amélioration du graphisme et de l’ergonomie des interfaces, la vraie bataille à mon sens se déroule désormais sur la capacité de mettre à profit toute la puissance du web pour réunir une communauté d’intérêt autour de vos produits ou de votre marque, d’entretenir la curiosité et la relation, de développer le bouche à oreille, de partager vos données avec vos visiteurs… Quand on sait qu’il existe plus de 230 millions de sites dans le monde, on peut penser que l’écrémage se fera sur la qualité des contenus et la maîtrise du référencement pour apparaître dans les premiers résultats de Google. C’est la raison pour laquelle les investissements publicitaires sur internet devraient continuer de croître.
Quelles perspectives pour votre expertise en 2009 ?
Un concept créatif, c’est souvent aussi difficile à vendre qu’une housse de cathédrale ! En période de restriction économique, tout le monde n’a pas les moyens de se payer un CR à plein temps. Le chef de pub ou le client pense qu’il peut faire ses accroches et ses textes lui-même, qu’un infographiste peut se transformer en DA… jusqu’au jour où ils sont obligés de nous appeler ! Les annonceurs auront toujours besoin d’un point de vue extérieur pour faire progresser leur marque et les agences en quête de rentabilité et de flexibilité continueront de se tourner vers des ressources créatives externes. Les idées génératrices de business sont primordiales. Impossible de confier le travail de réflexion sur une marque et son positionnement à des robots dotés d’intelligence artificielle. Ce qui nous sauve avant tout, c’est la confiance de ceux qui croient en nous !
Quelles sont les qualités d'un bon freelance selon vous?
Dans notre domaine, la curiosité, la créativité, le relationnel, le réseautage et... la persévérance.
Quels sont les bénéfices de travailler comme freelance en opposition à un CDI ?
L’indépendance et la liberté d’entreprendre !
Que recommanderiez-vous aux jeunes qui envisagent une carrière avec un statut de freelance ?
Ne pas se “free-lancer” tout de suite, se faire d’abord des références, multiplier les expériences et les contacts. Entrer comme stagiaire et empêcher que la porte se referme définitivement derrière vous. Les patrons et les recruteurs peuvent être séduits par la fraicheur et la naïveté mais n’apprécient pas l’inexpérience.
Quels sont les sites de la com que vous consultez le plus souvent ?
Il y en a tellement ! Pour l’actu de la pub et du marketing : disruption.splinder.com, sethgodin.typepad.com, cbnews.com …
Pour le réseautage : viadeo.com, blogbang.com, elance.com, glamfree.com … bien sûr !
Pour la publication de document : issuu.com, picasa, flickr…
Pour le blogging, notre blog beyourmedia.com et les forums de plateformes opensource telles que wordpress, joomla, dotclear, …